Depuis 2005, le monde du textile-habillement a connu de grands bouleversements tels que l’avènement de la Chine sur l’échiquier international, les effets du démantèlement tarifaire, la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs, la sensibilité accrue au développement durable et au commerce écologique et équitable ainsi qu’à l’évolution des stratégies des donneurs d’ordres. Face à toutes ces mutations, la Tunisie a intérêt à développer les performances de son industrie Textile-Habillement en vue de préserver son positionnement sur l’Europe (5ème fournisseur en habillement).
Ainsi, sous l’égide du Ministère de l’Industrie et de la Technologie, le Cettex a finalisé, en novembre 2009, une étude prospective sur le secteur en collaboration avec deux experts internationaux et deux experts nationaux du PMI. Cette étude vient étoffer les deux études précédentes relatives à la stratégie nationale industrielle à l’horizon 2016 et à l’étude sur l’impact de la crise internationale sur le textile habillement tunisien. Elle a pour finalité de fournir aux industriels une meilleure visibilité sur le secteur dans les années à venir et de donner des pistes de réflexion pour des développements futurs.
En fait, l’étude a relevé que depuis 2002, la filière textile-habillement tunisienne affiche une croissance moyenne annuelle de sa production en valeur d’environ 4%, score satisfaisant si l’on considère la poussée exercée par les principaux acteurs du textile dans le monde durant cette période.
Les mesures de soutien mises en œuvre par les Pouvoirs Publics ainsi que la mise à niveau des entreprises ont largement contribué à freiner les effets de la crise mais plusieurs facteurs ont limité la croissance de la performance globale de la filière et plus spécifiquement l’érosion monétaire constante du TND par rapport à l’Euro, devise de facturation de tous les exportateurs, l’insuffisance des gains de productivité constatée dans la majorité des ateliers de confection, l’obsolescence de certains équipements de production, le manque de ressources humaines disponibles et la faiblesse de l’encadrement dans les petites entreprises, la forte dépendance des confectionneurs à l’importation de tissus, et l’étroitesse des débouchés export centrés quasi exclusivement sur la France et l’Italie.
Par ailleurs, l’étude a dressé les nouveaux challenges de la filière en tenant compte des évolutions prévisibles de l’environnement et des règles du jeu entre les donneurs d’ordre et les confectionneurs.
La filière textile confection doit donc s’inscrire dans des objectifs bien maîtrisés se traduisant à l’horizon 2016 par les valeurs d’activité suivantes:
• Une production estimée à 6,5 milliards de TND, soit une croissance de 4,5% par an, dont 750 millions liés à la création de nouveaux segments porteurs
• Une valeur ajoutée représentant 38% de la production, soit environ 2,5 milliards de TND
• De nouveaux investissements à réaliser à hauteur de 800 millions de TND
• Un maintien global des effectifs à 190 000 personnes
L’ambition est de générer d’ici fin 2016 un montant de 600 millions supplémentaires de valeur ajoutée.
Dans ces conditions, la productivité du travail dans le secteur mesurée par le rapport « VA / nombre de personnes » progresserait d’environ 5% par an, c'est-à-dire à un rythme plutôt supérieur à celui de l’inflation attendue dans les prochaines années. Ainsi, on peut tabler sur une légère progression de la compétitivité du secteur à TND constant. Selon les experts, tous les dispositifs existent ou presque en Tunisie pour soutenir la croissance de la filière en matière de formation, de promotion, de création d’infrastructures, d’incitation aux investissements, de mise à niveau, etc. Mais la crise actuelle a considérablement changé la donne, affaiblissant encore les fonds propres d’une grande majorité d’entreprises.
Pour se développer, une majorité d’entre elles ont besoin de moderniser leurs équipements, de réduire les coûts de financement de leurs besoins en fond de roulement d’exploitation, de recruter des nouvelles compétences et de consolider ou de développer leurs positions commerciales sur les marchés exports. Les nouvelles mesures à prendre doivent donc être résolument orientées vers l’aide à l’investissement et à l’amélioration des services à l’entreprise.
Ainsi, deux axes prioritaires ont été retenus. Le premier axe est relatif aux mesures de soutien qui pourront être apportés aux entreprises. Il s’agit d’un ensemble d’incitations supplémentaires à l’investissement permettant aux opérateurs de financer la modernisation des outils de production et de renforcer les actions de promotion.
En outre, davantage de mesures sont à accorder pour la mise en place et le renforcement de filières de formation vers les métiers nouveaux de la confection et de l’ennoblissement ainsi que vers le marketing international et le management des entreprises. Le second axe du plan proposé vise le développement de la filière. Il propose la mise en place de nouvelles facilités aux investisseurs tunisiens ou
IDE porteurs de projets stratégiques comme le finissage et les tissus techniques ou innovants.
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